To the games that we lost,
We shall claim that we won them some day.
To the girls young and sweet,
To the spacious back seat
Of our roommate's beat up Chevrolet.
To the beer and benzedrine,
To the way that the dean
Tried so hard to be pals with us all.
To excuses we fibbed,
To the papers we cribbed
From the genius who lived down the hall.
To the tables down at Mory's (wherever that may be)
Let us drink a toast to all we love the best.
We will sleep through all the lectures,
And cheat on the exams,
And we'll pass, and be forgotten with the rest."
Tom Lehrer, Bright College Days. (An Evening Wasted With Tom Lehrer, 1959)
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D’abord, je voudrais produire un erratum : quand j’écrivais dans ma note précédente « à la semaine prochaine », je voulais bien entendu dire « à dans un mois ». Ha ha ha, quel étourdi je fais...
Bon, sérieusement, cette année, le concours est en avril ; et d’ici-là j’ai au moins deux devoirs dans chaque matière, donc je risque fort de sauter pas mal de mises à jour dans les prochains mois. Encore une fois, je terminerai Agustin Oeste à tête reposée (si tant est que ce... truc puisse s’écrire sans quelques centilitres d’alcool dans le sang) et je compte bien lâcher aussi quelques alexandrins – voire un ou deux croquis, puisque de nos jours la génération Internet (je me hais pour avoir écrit ça) n’a plus le courage de lire vingt lignes d’affilée si elles ne sont pas entrecoupées de jolies images.
Pour ne pas tout à fait vous laisser en plan, j'ai griffonné un avis peu informé (je ne suis pas le Docteur Orlof ou que sais-je) sur les quelques films que j'ai eu les temps de regarder ces temps-ci, au cinéma ou en DVD – ou même sur l'antique lecteur de VHS familial, qui survit tant bien que mal par perfusion régulière de coups de pieds et d'huile anti-rouille.
The Hitchiker's Guide to the Galaxy (Le Guide du voyageur intergalactique) (2005) :
Je veux bien sûr parler de l'adaptation de Garth Jenning du fameux roman de Douglas Adams (lui-même transcrit de la série radiodiffusée du même nom), contre laquelle les nerds partout dans le monde ont levé un poing rageur.
J'ai été, à vrai dire, agréablement surpris : pour un film tout public, il retenait une bonne partie de l'humour désabusé du bouquin, et les éléments outrageusement Hollywoodiens étaient relativement discrets (la romance inepte avec Trillian... beurk). L'esthétique du film était également très sympa, avec des Vogons vraiment répugnants, et un Marvin dont l'énorme crâne dépressif était assez bien vu ; et les passages qui citaient le guide lui-même étaient hilarants.
En fait, les deux aspects qui ont déplu à la presse sont en gros ceux qui m'ont le plus séduit : l'impression de regarder une suite de sketchs reliés entre eux par une intrigue générale assez lâche, qui me semblait plus une référence à l'humour anglais à la façon des Monty Pythons qu'un signe d'inachèvement ; et l'accent plus volontiers mis sur le sourire que sur le rire. Je l'admets, je n'étais pas plié en deux pendant les cent vingt minutes ; pourtant, le film m'a mis durablement de bonne humeur, et c'est déjà un résultat appréciable.
Quant au casting, il était dans l'ensemble plutôt bon : les faiblesses de la prestation de Zooey Deschanel étaient largement éclipsées par celle, étonnamment convaincante, de Mos Def.
Ah, et la bande-son est super.
Sleuth (Le Limier) (1972) :
Si je racontais l'intrigue, ne serait-ce qu'un peu, je gâcherais sans doute la surprise que chaque seconde du film représente pour le spectateur ; je dirai donc simplement que c'est un excellent huis clos, et un très bon policier – bien joué, bien écrit, bien tourné : en somme, sans défaut. (Et leur accent britannique est absolument délectable.)
Passons aux sorties récentes :
Twilight (Oh je ne vais pas m'emmerder avec les complications de la traduction du titre en français soyez-en sûrs) (2008) :
Mes aïeux que ce film est mauvais. Je déteste avoir à le dire aussi brutalement, mais il n'y a absolument rien à y sauver, du jeu constipé à la réalisation prétentieuse, en passant par l'éclairage ridicule (quand le mec scintille j'ai honte pour le studio d'effets spéciaux), et même le maquillage qui trouve le moyen d'être désastreux. Et l'intrigue, ha ha, quelle intrigue ?
Sérieusement, les copains du héros ne se montrent que la nuit (ou par temps couvert ? Ughhh), ils ont des cernes sous les yeux comme moi le dimanche matin, ils traînent toujours ensemble et parlent comme s'ils sortaient d'un roman d'Emily Brontë ; il ne leur manque littéralement qu'une casquette "je suis un vampire" – et pourtant aucun des péquenots du film n'est fichu d'avoir le moindre soupçon sur leur identité. Et ne parlons pas des scènes "dramatiques" où, sans le moindre embryon d'expression (ces gosses ont été formés à l'école du "whoa" de Keanu Reeves), deux adolescents dont je n'ai rien à faire parce qu'ils n'ont aucune personnalité bien définie se regardent longuement dans les yeux – pendant plusieurs dizaines de minutes. Ah et le personnage principal lit dans les pensées, je crois, ou un truc du genre, mais le point est à peine évoqué qu'il disparaît dans les limbes du film pour ne plus jamais resservir.
Le problème profond est le même que celui du roman (si l'original est passablement écrit, la traduction française, elle, est franchement illisible) : le thème des vampires est tout à fait gratuit. Il pourrait aussi bien s'agir de mafiosi, ou de loups-garous, ou d'extraterrestres caoutchouteux ; S. Meyer s'est contentée de plaquer des clichés de fantasy sur une histoire d'amour impossible qui s'en serait aussi bien passée, et que cela ne rend guère plus originale. Les vampires sont juste là pour faire cool, et ça, en termes d'écriture, c'est un péché mortel – d'ailleurs plutôt caractéristique des fan-fictions que des romans publiés. Enfin, quand on voit ce qui se vend le plus en France... mais assez divagué.
(Un vampire végétarien ?... Ce film se fout de ma gueule. Et tous les thèmes abordés sont presque dérangeants tellement ils sont freudiens...)
Australia (2008) :
Enfin un film qui nie de façon obscène les programmes de purification ethnique et les déportations d'aborigènes, en montrant une Australie irréaliste et condescendante ! Bravo de tout cœur aux officiels qui l'ont sponsorisé.
Je voudrais aussi produire deux théories :
Sur la bohême
C'est amusant de constater que les vieux mots d'esprits des socialistes sur les radicaux ("le cœur à gauche, le portefeuille à droite", "les radicaux sont comme les radis, rouges à l'extérieur, blancs à l'intérieur", et le merveilleux "restaurant socialiste, cuisine bourgeoise") s'appliquent avec une telle perfection à cette plaie parisienne que sont les bourgeois-bohême.
Mettons les choses au clair : je n'ai rien contre la gauche (c'est une litote), je n'ai rien contre la droite (modérée), mais ces opinions politiques à la mode, qu'on adopte pour avoir l'air fin et justifier son joli keffieh, je serai sincère, elles me hérissent.
Or, être un bobo, dans l'immense majorité des cas, c'est avoir son cul hypocrite entre le fauteuil confortable des intérêts bourgeois et le tabouret revendicatif made in Blum et compagnie – ce qui se justifie par une connaissance approximative d'un ou deux passages de Marx, tout comme ils croient tout savoir au reggae pour avoir écouté deux morceaux de Marley (quelle merveilleuse ouverture d'esprit).
D'où mon mauvais esprit : s'inquiéter du cours de son portefeuille d'actions est de mauvais aloi quand on se revendique d'un poème de Rimbaud.
Du reste, si ces gens-là s'étaient révélés à la hauteur de leurs convictions revendiquées, peut-être qu'en tant d'années de Cinquième République (avec plein de majuscules) on aurait eu plus d'un malheureux président socialiste, qui d'ailleurs ne l'était pas tant que ça. (Cela dit, je ne suis pas analyste politique, et je dis sûrement des absurdités. Le cœur du message persiste : je déteste les bobos.)
Merci de votre attention (je devrais ressortir cette tirade comme toast à la fin d'un dîner).
I went to prepa and all I got was this lousy shirt
Plus j'y réfléchis, et plus je pense que la prépa littéraire n'est pas une affaire sérieuse, quelque chose qui nous préparerait efficacement aux concours (le seul que nous briguions officiellement a moins de cinq pour cent de réussite !), mais plutôt une sorte de Purgatoire où la providence fait échouer les élèves qui ont commis des crimes affreux dans des vies antérieures. Je ne sais pas très bien ce que j'ai fait de si horrible dans ma précédente existence ; mais en tout cas, au bout de trois ans, je peux vous dire que je l'ai expié !
En effet, au fil des dissertations et des nuits blanches, des versions à la chaîne (qui n'ont hélas que peu pallié mon incapacité chronique à aimer le latin), des devoirs grattés au dernier moment – à force de passer six ou sept heures d'affilée devant un sujet laconique ("comment peut-on gouverner des hommes ?" – mais encore ?) ou de s'emmêler les époques devant un examinateur sans indulgence, le khâgneux développe une sorte de sentiment de la fatalité : tout cela était écrit, et ce n'est qu'après en avoir bien bavé qu'on lui permettra de recouvrer sa liberté.
Mais cette liberté (passez-moi cette rudesse), putain, qu'est-ce qu'elle nous manque ! On a à mon âge (mais vous, lecteur, vous êtes sans doute bien plus vieux) un atavisme de faire la fête qu'un commentaire en anglais à rendre pour le lendemain contredit douloureusement. Dans quelques années, vétérans burinés, nous regarderons sans nostalgie cette époque studieuse, et, le regard fier, de nos lèvres viriles (ou féminines, pardon à mes lectrices éventuelles) nous lâcherons : "pendant ces années, nous avons souffert."
La prépa, c'est un peu notre Vietnam.
Et sinon, vous, les faculteux, ça va ?
PS : Je plaisante, bien entendu.
PPS : Tout le monde sait que la prépa a été inventée par Hitler et Staline.
PPPS : Quand ils discutaient aux Enfers.
PPPPS : Avec Mussolini.
PPPPPS : Et Pol Pot.
...
- Location:"Dans un coin pourri du pauvre Paris..."
- Mood:
Nerdy. - Music:Dimitri Chostakovitch, Prélude op 34 n°10 - Moderato
Je sors de ma caverne à révisions un instant, pour répondre à un vieux meme que les trois quarts d'Internet ont déjà rempli. Ouais, toujours à la dernière mode, j'suis comme ça, moi.
Salut les poteaux.
- Location:En pleine brasse coulée dans le Styx.
- Mood:
Zombifié. - Music:AC/DC - Back in Black.